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58 OPTAT DE VEGHEL adaptée au temps dans lequel on vit. 11 le fit avec une admirable compréhension, tant des possibilités que des diflicultés, sans suresti– mer les unes plus que les autres. La conclusion que lui et nous aussi tirons de son reuvre est la suivante: l'Église et aussi notre Ordre ont sans cesse besoin d'un renouveau adapté, un renouveau de l'esprit qui s'extériorise dans une forme adaptée 72 • II en était déja ainsi d'apres .le jugement de l'initié Bernardin de Colpetrazzo dans la se– conde moitié du 16c siecle, époque ou il écrivit son ouvrage. Témoignages en dehors de l'Ordre Ce jugement d'un initié spécialement bien renseigné sur le déve– loppement de l'Ordre durant les 50 premieres années de son existence est plus nuancé et finalement plus dur que celui d'aucun autre témoin oculaire ou auriculaire de ce temps-la et sur ce temps-la. Nous citons ici, tres en résumé, leur témoignage. Le pape Clément VII dont l'atti– tude est hostile, juge 1534 que le capucins menent une vie « ex– tremement austere, dure et a peine humaine ». Ils affirment garder la regle a la lettre sans déclarations pontificales 73 • A. cause de cette conception et de sa mise en pratique, ils sement l'inquiétude dans l'Ordre et doivent disparaitre. Peu apres il change d'opinion et ap– prouve l'Ordre. Vittoria Colonna avait un jugement nettement prononcé et abso– lument favorable. Elle met en jeu toute son autorité et tout son prestige pour défendre ce qui lui paraissait une contribution tres importante a la réforme de l'Église en ce temps. Elle fait preuve par la d'entrer profondément dans la nature évangélique de la réforme des capucins. II s'agit ici en effet de savoir si l'esprit évangélique dans l'Église peut trouver une « lettre », une expression sans étre considérée comme luthérienne ou libertine 74 • Au concile de Trente a la fin de 1563 on était d'avis, que l'Ordre des capucins n'avait pas besoin de réforme. II n'avait qu'a suivre le chemin tracé 75 • Quelques années plus tard vers 1579 l'observant fran– <;:ais, Yves Magistri, apres une tournée a travers les provinces d'Italie, est d'avis que les capucins, en union étroite avec les réformateurs . -espagnols, ont rétabli la vie de Fran~ois et de ses compagnons, non seu- n Pour la place de l'histoire de l'Ordre en tant que renouveau évangélico-apostolique •dans l'Eglise, d. BERNARDINUS A COLPETRAZZO, loco cit. II, 31-65. 73 ÉDOUARD o'ALEN<;ON, De primordiis Ordinis Fratrum Minorum Capuccinorum (1525- 1534), Roma 1921, 116. 74 Le texte complet in L'Italia Francescana 22(1947) 107-112. Cf. ÉDOUARD o'ALEN<;ON, Tribulationes Ordinis Fratrum Minorwn Capuccinorum, Roma 1914, 20-36, 53-58. 75 Cf. note 64.
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